Qu’est-ce qui nous pousse, en fait, à ressentir cette émotion qui nous contrôle si nous ne produisons pas un effort conscient ?

Beaucoup d’érudits, de docteurs et de scientifiques qui abordent ce sujet concluent que chaque incident colérique implique un choix. Nous pouvons répondre avec un comportement hostile, y compris une violence absolue. Il existe également ce qui est appelé une inaction hostile, telle que la résistance passive, le retrait ou la langue de bois pour n’en citer que quelques-uns. D’autres choix incluent contester la dominance, tel que nourrir du ressentiment.

La colère est la réaction interne de nos corps et de nos esprits à une cause externe, qu’elle soit réelle ou perçue. C’est notre mécanisme de réaction de défense primitif à ce que nous considérons comme une menace. La colère nous protège contre la domination ou la manipulation. Lorsque nous sommes en colère, nous avons plus de force, à la fois physiquement et sur le plan émotionnel. 

Nous possédons le courage et la motivation pour combattre l’attaque perçue contre les personnes ou les choses créant ce sentiment de danger. Si nous n’apprenons pas à utiliser la discrimination ou comment utiliser notre colère de manière constructive, elle peut devenir une force incontrôlable avec laquelle nous devons compter.

Lorsque nous nous mettons en colère, plusieurs facteurs entrent dans l’équation. Cela inclut les choses telles que les expériences passées, les comportements appris, les prédispositions génétiques et l’incapacité à résoudre les problèmes. Il faut également considérer si la colère est consciente ou réprimée. 

Lorsque nous sommes conscients que nous sommes en colère, une décision cognitive consciente incite à la libération de la colère. Notre réponse de fuite ou de combat est déclenchée de manière consciente par les sentiments que la situation stimule. 

La colère réprimée, en revanche, est la colère que nous repoussons à l’intérieur de nous à chaque fois qu’elle essaie de faire surface. Parfois, quelqu’un peut pousser cette colère si profondément en lui-même qu’il ne réalise même plus qu’il la nourrit. Dans certains cas, ce type de colère est plus dangereux parce que vous ne pouvez jamais prédire lorsqu’elle va surgir à la surface, causant une véritable explosion blessant à la fois la personne et ceux qui sont autour. 

Un bon exemple est un travailleur renfrogné, qui, finalement, craque et se lance dans un carnage. Cela est appelé colère aveugle. Tout ce qui se trouve sur le passage de ce type de colère sera blessé ou mourra. Les autres facteurs entrant dans ces dynamiques de colère incluent une vision irrationnelle de la réalité (tout doit être fait à ma façon) et un faible seuil de tolérance (c’est ça ou rien).

Certaines personnes sont toujours en colère. Elles sentent que leur perception des choses est correcte et que, selon ce qu’elles perçoivent, il n’y a pas eu de réponse à leurs attentes. 

Pour faire court, pour ces individus, lorsqu’aucune réponse n’est donnée à leurs attentes, peu importe combien elles sont irréalistes ou tordues, ils se mettent en colère. Ces personnes sont dans un mode malsain et destructif, pour eux-mêmes et les autres. Elles sont toujours frustrées et ne savent pas comment le gérer. Elles ont besoin d’aide.

Nous devons tous apprendre comment contrôler notre colère, pour que, lorsqu’elle est libérée, elle ne détruise pas complètement ceux qui sont autour ou les choses sur notre chemin. L’exception, bien entendu, est lorsque nous nous battons pour nos vies et/ou combattons un abus absolu. C’est une colère justifiée. Personne n’a le droit d’en abuser une autre. En aucun cas. 

La colère prend le contrôle sur nous comme le ferait une drogue. Souvent, un individu sous influence de la colère ne peut ni penser rationnellement, ni comprendre, ni prendre les bonnes décisions. C’est également un fait que la colère peut déformer la pensée rationnelle et devenir une émotion aveugle. 

Un bon exemple est lorsqu’une personne était tellement en colère qu’elle vous dit qu’elle “a vu rouge”. Ceci signifie que toute logique et toute raison ont disparu et que l’individu était prêt à tuer, si besoin, pour apaiser la colère ressentie. Une fois l’adrénaline libérée, nous devenons plus fort et notre seuil de résistance à la douleur augmente. La colère nous limite à deux choses : attaquer et défendre. Lorsque cela survient, toutes conversations et diplomatie ont cessées. 

La colère est le résultat de deux choses basiques :

  1. La frustration qui est causée lorsque nous n’obtenons par ce qui nous était dû, spécialement si nous l’attendions.
  2. Le sentiment que les autres ne nous respectent pas ou se moquent de nos sentiments.

Même s’il existe beaucoup de raisons ou de causes résultant en accès de colère, ces deux choses basiques sont les raisons pour lesquelles nous nous mettons en colère en premier lieu.

Il existe des causes internes et externes. Les psychologues ont identifié quatre types de pensée qui se placent dans les causes internes de la colère :

  1. Nos émotions – Lorsque nous utilisons nos émotions pour penser, nous tendons à avancer en fonction de la manière dont nous ressentons, basé sur l’interprétation de nos sentiments, à l’opposé du raisonnement logique. Lorsque nous pensons de manière émotionnelle, cela laisse beaucoup de place pour mal interpréter les actions des autres. Utiliser nos émotions en tant qu’interprétation des situations peut déformer la réalité. 

Par exemple, une personne peut être innocente, mais nous la percevons comme une menace en raison de nos sentiments et non de la réalité. Ceci ne veut pas dire qu’utiliser nos sentiments pour déterminer un danger ou une menace n’est pas valide. Nos sentiments nous indiquent lorsque quelque chose ne sent pas bon, mais ils doivent être également soutenus par des explications rationnelles. Si quelqu’un n’utilise que le raisonnement rationnel, cela peut mener à un dysfonctionnement de la colère. C’est la combinaison entre voir la situation de manière objective, puis la renforcer avec les sentiments appropriés que détermine sa validité.  

  1. Faible tolérance à la frustration – Nous avons tous fait l’expérience de moments où notre tolérance peut être plus faible qu’à l’accoutumée. Lorsque nous sommes dans ce mode, les choses qui pourraient ne pas nous avoir ennuyé avant deviennent des sources d’agacement, voire de colère. Souvent, l’anxiété liée au stress fait que notre tolérance est affaiblie. 
  1. Attentes déraisonnables – Lorsque les gens demandent quelque chose basé sur la manière qu’ils pensent être la bonne et qui en réalité, ne l’est pas. Les attentes déraisonnables baissent nos niveaux de tolérance et créent de la frustration lorsque les réponses aux attentes ne surviennent pas. Dans ce cas, celui qui a des attentes déraisonnables possède une idée préconçue. Le résultat, lorsque les réponses ne surviennent pas, est la colère. Avec ce facteur de colère arrivant en premier, l’individu possède une faible tolérance. Puis la colère apparaît, suivie de la dépression, parce qu’il est déçu. 
  1. Étiqueter les gens – C’est un processus de pensée prédisposée qui étiquette les gens de manière dépréciative. Un individu dans un état d’esprit colérique étiquette les gens de manière déshumanisée. Ce type de colère va depuis appeler quelqu’un une ‘pute’ jusqu’aux regards utilisant un étiquetage raciste. Lorsque vous déshumanisez une personne, cela définit le ton et permet de devenir facilement en colère contre elle.

Voici quatre facteurs qui semblent identifier les causes externes de la colère :

  1. Quelqu’un vous attaque personnellement. Lorsqu’une personne vous attaque personnellement, elle utilise également, en complément, l’abus verbal. Elle peut même obtenir que d’autres vous insultent et la rejoignent.
  1. Quelqu’un attaque vos idées. Vos idées, opinions et options sont foulées du pied.
  1. Quelqu’un menace vos besoins. Dans ce cas, un individu menacera de vous enlever vos besoins de base si vous ne répondez pas à ses attentes. Un exemple serait quelqu’un avec qui vous travaillez vous disant : “Si tu ne fais pas ce que je te dis, je ferai en sorte que tu n’aies plus jamais de travail”.
  1. Nous devenons frustrés. Les frustrations peuvent résulter de beaucoup de choses. Elles peuvent être environnementales ou émotionnelles, mais baisse notre niveau de tolérance face aux choses. La frustration, à de nombreux égards et de bien des manières, peut conduire à la colère. Voici quelques Facteurs baissant notre tolérance à la frustration.
  1. Stress et anxiété – A mesure que nos niveaux de stress augmentent, notre niveau de résistance à la frustration baisse. Nous devenons plus facilement frustrés lorsque nous subissons du stress dans notre vie. Un exemple d’une source de stress ou d’anxiété : les problèmes financiers. Les finances sont la cause d’énormément de disputes familiales ne pouvant pas être résolues et menant au divorce.
  1. Douleur – Lorsque nous souffrons, que ce soit physiquement ou sur le plan émotionnel, nos niveaux de tolérance de la frustration baissent. Lorsque nous avons mal, nous sommes préoccupés avec nous-mêmes pour essayer d’atténuer la source de la douleur. Nous ne sommes pas concernés par les problèmes ou inquiétudes des autres. 
  1. Drogues et alcool – Les substances telles que les drogues ou l’alcool affectent la manière dont nos cerveaux transforment les informations. Pour certains, utiliser ces substances déclenche l’irritabilité, les émotions colériques qui pourraient, sinon, être réprimées, et les souvenirs colériques qui refont surface.
  1. Irritations récentes – Nous pouvons voir ce genre de choses comme des petites choses qui nous agacent et s’accumulent au fil de la journée jusqu’à atteindre un faible niveau de tolérance et être frustré. Les gens appellent souvent cela “Avoir une mauvaise journée.” Les exemples seraient marcher dans une flaque d’eau et être trempé sur le chemin d’un événement spécial ou même du travail, un pneu crevé, renverser du café sur des papiers importants, être en retard, etc. 

Nous avons tous le droit d’être en colère. Nous devons tous faire face à des situations créant une réaction. Ça fait partie de la vie. Mais la colère ne doit pas nous consumer jusqu’au point où nous devenons tellement dangereux que nous sommes blessés par les conséquences de nos actes.