Même si la colère est une émotion qui provient de l’esprit en tant que réaction à un stimulus, il y a également des effets physiques et des signes. La colère affecte la tension artérielle en l’augmentant, accélère le rythme cardiaque et cause la libération d’hormones dans le flux sanguin, l’adrénaline et la noradrénaline. Nous réagissons physiquement à la colère comme si nous avions été menacés. Lorsque nous nous mettons en colère, notre système nerveux sympathique prend contrôle de notre corps pour gérer la réponse émotionnelle interprétée comme une menace. 

C’est le système nerveux sympathique qui prépare notre corps en vue ce que nous percevons comme une menace, ce que la science appelle la réponse ‘fuir ou se battre’. La réaction de fuite ou de combat du corps est primitive, déclenchant une réaction automatique dans notre corps pour soit fuir, soit combattre une situation que nous jugeons dangereuse. Cette réponse nous prépare typiquement à nous défendre. C’est un mécanisme de pulsion, l’instinct de survie.

La réponse que nous affichons lorsque nous sommes en colère est profondément connectée au code génétique de notre cerveau, conçu pour nous protéger lorsque nous détectons un problème de sécurité. La réponse ‘fuir ou se battre’ est directement liée à la région de l’hypothalamus. Lorsque cette région du cerveau est stimulée par la colère, elle déclenche une réponse du système nerveux qui libère des  produits chimiques préparant le corps soit à fuir, soit à combattre, de la même manière que lorsque nos corps perçoivent un danger.

Lorsque nous ressentons la colère, l’amygdale, qui est la partie du cerveau gérant les émotions, déraille. Le temps entre le déclencheur de la colère et la réponse de cette partie du cerveau est d’un quart de seconde. Au même moment, le lobe frontal connaît une augmentation du flux sanguin. Ce lobe frontal, qui est la zone du raisonnement, est ce qui fait la différence entre jeter quelqu’un au sol et nous contrôler. 

Habituellement, les deux zones s’équilibrent rapidement pour que chacun puisse avoir un certain contrôle sur ses émotions. La recherche scientifique indique que la réponse neurologique à la colère dure moins de deux secondes. C’est pourquoi il est conseillé de compter jusqu’à 10 lorsque nous sommes en colère, pour dissiper l’intensité du sentiment, pour que le coup de fouet de l’urgence soit plus aisé à contrôler.

Être en colère diffère selon les individus. Nous répondons tous différemment. Les femmes décrivent la colère comme se construisant lentement à travers tout le corps. Les hommes, eux, la décrivent comme un feu ou un flot de rage intérieur. La colère varie également selon les cultures. Il a été noté que les Asiatiques ont des  démonstrations de colère plus courtes et plus médianes que les Caucasiens. Mais tous éprouvent la réaction corporelle de fuir ou combattre lorsqu’ils sont en colère. 

Il existe des signes physiques que les individus affichent lorsqu’ils sont en colère. Il est important de reconnaître ces signes pour pouvoir, lorsque nous le pouvons, contrôler comment se manifeste la colère. Lorsque nous connaissons les signes et que nous les voyons commencer un nous ou chez les autres, nous pouvons prendre les mesures appropriées pour s’assurer que la colère ne devienne pas hors de contrôle. Voici quelques-uns des signes principaux de la colère :

  1. Tension inconsciente des muscles, spécialement du visage et du cou
  1. Grincement de dents
  1. Augmentation spectaculaire du rythme de la respiration
  1. Le visage rougit et les veines sont plus visibles en raison de l’augmentation de la tension artérielle
  1. Le visage peut pâlir
  1. Transpirer
  1. Avoir froid ou chaud
  1. Les mains tremblent
  1. Chair de poule
  1. Augmentation du rythme cardiaque
  1. Libération de l’adrénaline dans votre système, vous donnant un accès de puissance

La première chose qui habituellement survient lorsque nous sommes en colère est un changement de respiration. C’est le premier signe physique qui nous fait savoir que nous allons perdre la tête. C’est la manière qu’a le corps de recevoir plus d’oxygène. Lorsque nous respirons plus vite, notre rythme cardiaque s’accélère. Cela augmente la pression dans les artères. Certaines personnes transpirent lorsqu’ils sont en colère. Cela survient parce que le corps essaie de se refroidir. Les pupilles peuvent se dilater. Le visage rougit ou devient pâle. 

Certaines personnes ont froid. En colère, leurs mains peuvent devenir très froides. Vous pouvez être tellement en colère que vous commencez à trembler. Les individus avec des problèmes cardiaques ou en mauvaise condition physique éprouvent des douleurs dans la poitrine. Mais il n’a jamais été mentionné qu’un accès de colère provoque une crise cardiaque. La colère stresse le corps et ses organes majeurs que sont le cœur, le cerveau (certains ont subi une congestion cérébrale à cause de la colère), mais aussi les systèmes principaux comme le système nerveux et les fonctions respiratoires. 

Si vous réagissez constamment à ce qui déclenche la colère en vous, vous courez le risque de subir les dégâts provoqués par une colère continuelle. Les individus en colère de manière chronique peuvent ne pas avoir la capacité de stopper la colère. Ils peuvent ne pas produire d’acétylcholine, qui est l’hormone qui contrebalance les effets que l’adrénaline cause sur le corps. 

Des études ont montré les effets de la colère sur le corps. Une de ces études a montré que parmi 13 000 sujets, ceux possédant les plus hauts niveaux de colère courent deux fois plus de risque de maladie coronarienne et trois fois plus de risque de crise cardiaque que ceux ayant des faibles niveaux. Certains scientifiques affirment que la colère est plus dangereuse pour le corps que fumer ou que l’obésité en tant que facteur contribuant à une mort prématurée.