Les troubles bipolaires peuvent se développer autant chez les adultes que chez les adolescents. Il est important de les diagnostiquer le plus tôt notamment chez les adolescents pour une prise en charge. Divers signes avant-coureurs peuvent alerter sur la présence ou non de troubles bipolaire chez les adolescents. 

Mais entre une dépression bipolaire et une dépression classique, il est difficile d’en faire une différence. Alors quels sont ces signes avant-coureurs pouvant alerter sur la présence de troubles bipolaires chez les adolescents ? Cet article présente ce qu’il faut savoir sur cette maladie.

Qu’est-ce que le trouble bipolaire chez les enfants et adolescents ?

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Les troubles bipolaires sont en général un trouble de l’humeur. Ils se caractérisent par une alternance entre phases « hautes » (manie ou hypomanie) et phases « basses » (dépression).

En ce qui concerne les troubles bipolaires chez les enfants et adolescents, il s’agit d’une affection psychiatrique chronique, qui se transmet essentiellement de façon héréditaire. Elle altère gravement le fonctionnement de l’enfant à l’école, avec ses amis ou encore à la maison. L’adolescent bipolaire réagit excessivement aux interdits, à la remise en cause de son comportement et développe des difficultés importantes dans la gestion des critiques. 

C’est une maladie qui présente une clinique instable et inexacte avec une importante comorbidité. Les troubles bipolaires chez les adolescents présentent des symptômes qui sont distincts de ceux du trouble bipolaire de l’adulte, et ce, de manière surtout quantitative.

Les symptômes commencent à apparaître généralement entre 15 et 19 ans.

Signes de crise suicidaire chez l’adolescent

 Un parent atteint de troubles bipolaires augmente quatre fois de plus les chances pour que ses descendants développent la même affection. Le risque est également élevé en cas de suicides antécédents dans la famille.

Plusieurs symptômes évolutifs et variables permettent de diagnostiquer la présence de cette maladie chez les adolescents. Parmi les signes avant-coureurs, il faut vérifier les signes de crise suicidaire. L’enfant peut communiquer directement ou indirectement ses idées suicidaires. 

D’autres signes comme le désespoir ou le sentiment d’avenir bouché, de culpabilité, d’impasse, de perte du sens de la vie peuvent alerter. La colère, la rage incontrôlée ou sentiment de revanche, l’anxiété, l’instabilité comportementale, l’hypersomnie, les cauchemars, le retrait avec désinvestissement des liens, etc., sont aussi des signes annonciateurs. 

Il peut  également s’agir de signes relatifs à la pathologie psychiatrique actuelle de l’adolescent : troubles de conduite, conduite d’alcoolisation aiguë, prise de risque incontrôlée, etc.

Par ailleurs, les problèmes sentimentaux ; de maltraitance ou encore de sentiments d’exclusion scolaire, amicale ou institutionnelle peuvent favoriser les envies de suicide chez l’adolescent. 

Episode de forte énergie

 

Le tableau clinique de la période maniaque de l’adulte et celui de l’adolescence est relativement proche avec quelques spécificités. Durant cette phase, l’adolescent bipolaire peut présenter des symptômes comme la distractibilité très importante. L’adolescent développe des difficultés de concentration et porte son attention sur diverses choses, de l’une à l’autre sans arrêt. Cette période même si elle augmente sa créativité, l’amène à parler trop et très vite et à travailler durant des jours sans pour autant dormir. 

En phase maniaque, l’adolescent développe une estime de soi irréaliste et grandiose de lui-même. L’augmentation excessive ou élevée des états d’âme de l’enfant peuvent alerter. Il peut se montrer très heureux, très irritable, agressif, violent voire énervant. Durant cette phase, l’humeur est souvent dysphorique. Il prend des décisions et développe des comportements impulsifs comme se droguer, sauter d’un toit, etc. Il prend des risques inconsidérés.  

Il existe une catégorie d’adolescents atteints de troubles bipolaires qui souffre de l’hypomanie. Il s’agit d’un niveau de manie moindre. Même étant moins grave que la manie, cette phase peut aussi conduire à une manie totale ou à l’épisode dépressif. 

 

Episode de faible énergie

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Tout comme celui de la phase maniaque, le tableau clinique de la phase dépressive de l’adulte et celui de l’adolescence sont relativement proches avec des spécificités. 

Après la période de plein d’activité, de fortes énergies, l’adolescent développe des signes comme le manque d’appétit et les troubles d’attention et de concentration. L’irritabilité anormale, l’apathie, les troubles de sommeil avec le désir de dormir tout le temps et la perte d’intérêts ou de plaisir dans les activités représentent des signes avant-coureurs.  

L’adolescent peut aussi développer une certaine négligence pour l’entretien de sa chambre et l’hygiène corporelle. Il peut également développer des comportements de déviance comme l’abus d’alcool et de drogues, de vandalisme, une certaine violence à travers la parole et le geste. Il peut se sentir inutile, être peiné par la vie de sorte à avoir des idées de suicide pour mettre fin à sa souffrance. 

D’un niveau plus extrême, l’adolescent peut présenter des symptômes de psychose. Il peut faire des hallucinations comme voir des gens ou entendre des voix. Il peut aussi se faire des illusions de sorte à ressentir une culpabilité démesurée, irréaliste et extrême. 

Ressemblance de certains signes avant-coureurs avec d’autres pathologies 

Certains de ces signes avant-coureurs des troubles bipolaires sont communs à d’autres pathologies.

C’est l’exemple d’une Dysrégulation de l’humeur perturbatrice (DMDD) qui est diagnostiquée chez des adolescents présentant une humeur instable, mais qui ne sont pas vraiment des bipolaires. Certaines conditions médicales telles que les problèmes de thyroïde, les tics ou le syndrome de Tourette ou encore les troubles convulsifs peuvent prêter à confusion. 

Les troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH), troubles du traitement sensoriel (SPD) et troubles du spectre autistique (TSA) présentent également des symptômes identiques aux troubles bipolaires. Il s’agit par exemple des problèmes d’inattention, de distraction que présentent les enfants souffrant du TDAH

Tel est aussi le cas des troubles de l’apprentissage (TA) et des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). L’adolescent peut avoir des problèmes de colère, d’humeur qui ne sont que la résultante de ses difficultés d’apprentissage (TA). 

Ou encore des troubles résultants de la consommation de l’alcool par la mère durant le séjour de l’enfant dans l’utérus (TSAF). 

Il est important de procéder à une évaluation pédopsychiatrique pour être sûr qu’il s’agit bel et bien de troubles bipolaires chez l’adolescent. Si l’adolescent présente un antécédent familial de troubles bipolaires et souffre d’une phase dépressive, il est important de le surveiller de près. 

Suivant la phase dans laquelle se trouve l’adolescent, certains signes avant-coureurs de troubles bipolaires peuvent alerter les parents sur la présence ou non de troubles bipolaires. Il convient tout de même de procéder à une analyse pédopsychiatrique pour confirmer le plus tôt possible son existence. Cela permettra d’engager les traitements adéquats.